La Croix ?

Vendredi Saint. Laissons-nous bouleverser par le spectacle de la Croix...

de toutes les croix de l'humanité....

La Croix est-elle source de vie ?




Le vocabulaire pascal

Pour une grammaire de la rédemption



5. La Croix



Le jour du Vendredi Saint ne doit pas être trop bavard.

Mettons-nous devant la Croix, laissons-nous bouleverser par cette Croix mais aussi par toutes les croix du monde des hommes. Laissons-nous bouleverser par le scandale, l’effroi… et petit à petit… du creux de l’indicible… que jaillisse la Parole : Oui, de la mort, de cette mort jaillit la Vie.


L’actualité nous offre un point d’ancrage solide. Il y a des morts qui ont plus de poids que d’autres. Quand on apprend qu’un médecin retraité qui a repris du service est décédé de la pandémie… Alors, oui, il y a des vies, des morts données, pour la vie des autres. La mort du Christ est de celles-là. Ce sacrifice, cette consécration de soi-même, ce don de soi pour l’humain son frère, c’est le minimum de ce qu’on peut dire de la mort du Christ.



Les évangélistes nous montrent que les premiers chrétiens ont compris le mystère du Crucifié de plusieurs manières… N’en écartons aucune, traversons-les :


1. La Croix comme un scandale :


C’est typiquement la réaction des disciples d’Emmaüs. La mort du Maître signifie la fin de tout. C’est l’échec. La Croix est un mal, le symbole-même du mal qui frappe l’Homme… et un scandale, car comment expliquer à ce moment-là le silence de Dieu ?

Une manière de rejoindre l’expérience humaine…

« Mais Dieu l’a ressuscité. Il l’a relevé des douleurs de la mort » (Ac2,24), répond le croyant.

Déposons devant la Croix du Christ l’incompréhensible souffrance et violence du monde. Les nôtres. Nos échecs à nous aussi. Les victimes du mal, de l’injustice. Les pauvres simplement. La pauvreté sous toutes ses formes.

Demandons au Seigneur de nous montrer le chemin : comment faire jaillir la Vie ?

Le Christ invite ses disciples à relire le prophète Isaïe, dans les fameux chants du Serviteur (Is 54-55). Il nous invite à regarder le mal en face, à nous laisser attendrir, convertir. Que le regard du pauvre, le visage des torturés nous aide à prendre conscience de nos propres misères et faiblesses. Demandons au Seigneur d’ouvrir en nous des chemins de Résurrection.


2. La Croix, chemin de salut.


Jésus a dit à ses disciples qu’il fallait, qu’il lui fallait monter à Jérusalem, souffrir, être tué, ressusciter.

« Il fallait »… Quelle est cette nécessité ? Pourquoi faut-il cela ? Qu’est-ce que cela veut cela ? Qui veut la mort du Messie ? Le Destin aveugle ? Le `Dieu « tout Puissant » ? Dieu lui-même, veut-il la mort de son Fils ?

Ou alors, Jésus a-t-il pris conscience, comme tant d’autres avant et après lui, Gandhi, Luther King… qu’il n’y a pas d’autre chemin… que celui de cette totale non-violence, pour sauver, convertir l’humanité… Que le don de soi exclut toute violence… qu’il y a une manière de vivre et de donner sa vie qui est une source de Vie…



3. La Croix comme un choix personnel


Jésus a dit un jour : « Ma vie nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne de moi-même »

(Jean 10,18).

Jésus ne choisit pas de se suicider. Il ne choisit pas la mort pour la mort… Sa mort lui est imposée par les autres, par les circonstances… mais il choisit personnellement, librement de s’y engager… d’engager la véritable bataille contre le mal, en pleine fidélité à ce que lui demande sn Père. Il choisit, comme dit Saint Paul, de tuer toute haine, tout mal en lui-même… et dans les autres…

Par contagion… Cette manière de vivre et de mourir obtient le salut pour tous…

Il y a bien des gens qui font ce choix… Nous les applaudissions le soir à 20h…

« C’est pourquoi Dieu l’a exalté… » (Philippiens 2,9).

Le salut de l’humanité est le fruit de cet engagement du Fils de Dieu et tous ceux innombrables qui décident de d’y œuvrer, en lui, par lui, avec lui, même sans le savoir.


4. Une mort glorifiante ?


L’apôtre Saint