Le salut ?

Dernière mise à jour : avr. 2

Avons-nous besoin et envie d'être sauvés ?


Le vocabulaire pascal

Pour une grammaire de la rédemption



1. Le salut



Dieu nous sauve. Quelle prétention !

Nous n’aimons pas être sauvés… Nous préférons nous débrouiller par nous-mêmes comme des grands.

salut… Comment pouvons-nous entendre ce mot ?


Sauver ? Être sauvé ?

Demandez à un enfant, il va immédiatement répondre : « Eh bien, c’est repêcher un homme qui se noie ».

Alors là, ça va bien… ! nous trouvons cela plutôt sympathique : sauver des gens… Nous admirons les soignants, et tant d’autres…. Et nous adorons être à notre tour sauvés par le chirurgien, le dentiste… quand nous en avons besoin.

Mais, les hommes modernes, nous ne supportons pas ça quand il s’agit de Dieu. Nous sommes très conscients de notre dignité, de nos capacités à nous sauver nous-mêmes. Nous n’aimons pas être pécheurs, ni reconnaître notre misère… Nous voulons fondamentalement nous débrouiller par nous-mêmes. D’ailleurs en quoi aurions-nous besoin de Dieu ? Nous ne supportons pas d’être regardés comme des fourmis ou des misérables par quelqu’un qui nous regarde de haut… de très haut……



Une humiliation ?

Réfléchissons un moment. Dans la vie de tous les jours, celui qui vient à notre aide, le fait-il pour nous humilier ? Il faut vraiment être tordu, franchement ! Il le fait parce qu’il tient à nous, parce qu’il nous considère comme quelqu’un de sa famille… humaine… parce qu’il éprouve pour nous un sentiment noble, celui de l’amour.

D’autre part, Il ne veut pas simplement nous arracher à la misère, mais nous redonner la capacité de vivre, de partager avec lui un bonheur auquel nous avons tous droit. Être sauvé, ce n’est pas seulement, de manière un peu négative, être arraché à un mal, c’est positivement être rendu à la santé… Et nous pouvons et nous devons alors nous demander à notre tour : mais qu’est-ce que je vais faire de cette santé qu’on m’a rendue… ? Quelle histoire d’amour, de service, de vie pour les autres je vais construire avec ce capital… ? Si non… il y a bien des chances que nous allons rapidement retomber malade…


Et Dieu ?


Il en est certainement de même du côté de Dieu. Il ne nous voit pas d’abord comme des malades, mais comme ses enfants qu’il veut accueillir, et rendre à leur pleine santé.

Dieu ne nous donne pas du tout son propre Fils d’abord comme on dit pour expier notre péché, nous arracher à la misère… Son premier but, ce qu’il a d’abord absolument dans le cœur ce n’est pas cela… Bon, il va y avoir de ça… mais au fond, d’abord et avant tout, il veut faire de nous les frères de ce Jésus, nous élever auprès de lui, nous faire redécouvrir notre vraie vocation humaine, ce pour quoi nous avons été créés : partager avec lui sa vie et son bonheur… nous révéler à nouveau que cet être que nous sommes, corporel, tiré de la glaise de ce monde… est habité par un souffle divin, et qu’il est appelé à vivre de cette étincelle divine qui est en lui…

Devenir le frère, la sœur du Christ… Être accueilli avec lui dans la maison paternelle… La salut, c’est çà.


Déjà du temps de Moïse, Dieu a mis toute son énergie à faire comprendre cela à son peuple esclave en Egypte. Bien sûr, il va le sauver, l’arracher à cette situation peu reluisante… mais parce qu’il veut faire de lui son fils… son peuple… parce qu’il l’aime… comme un père aime son enfant… Bien sûr, il va falloir le faire sortir de l’esclavage, tellement réel, mais ce n’est pas là le but… Le but, c’est d’en faire son peuple, de le conduire vers la Terre promise…


Le salut, c’est cette découverte éberluée, mais aussi exigeante, que nous sommes aimés au-delà de toute mesure, que nous sommes appelés à une destinée qui nous dépasse, que nous ne pouvons pas atteindre par nous-mêmes tout seuls… Que Dieu nous donne sa Parole incarnée pour nous faire partager sa Vie ne abondance… Il veut faire de nous des fils de Dieu… nous donner de vivre en fils de Dieu… et non pas comme des sauvages… C’est ça le salut.


C’est à la fois

- un arrachement à quelque chose comme un esclavage… nécessaire ;

- Mais c’est surtout la découverte d’un visage de Dieu que nous ne connaissions pas ;

- C’est surtout accepter le don d’une dignité que nous ne méritions pas… Vous savez comme dans les belles histoires… un simple quidam qui est adoubé et fait chevalier du Roi.


Voilà ce que cette Semaine Sainte nous appelle à approfondir…

Le Christ nous ouvre le chemin de la Vie…


Mais fallait-il mourir pour cela ?? Il y a encore bien des questions à approfondir…