Les Spiritains

Plus de 300 ans d'histoire

L’aventure a commencé il y a plus de 300 ans : un jeune séminariste fonde à Paris une communauté de pauvres étudiants pour former des prêtres, au service des missions abandonnées. Cent quarante-cinq ans plus tard, la fusion entre la congrégation et un jeune institut religieux relance son dynamisme missionnaire. Les spiritains porteront l’Evangile sur les terres africaines, puis vers l’Amazonie, les Amériques, l’Australie, l’Asie.

27 mai 1703

jour de la Pentecôte, Claude-François POULLART DES PLACES (1679-1709), un jeune étudiant de 25 ans, créé à Paris une petite communauté consacrée au Saint-Esprit sous la protection de la bienheureuse Vierge Marie. Son but est de former des prêtres au service des missions les plus délaissées. Composée à ses débuts de 12 étudiants, la communauté en compte 72, six ans plus tard, à la mort précoce de son fondateur.

1730-1778

1709-1789

Durant cette période, le séminaire accueille en moyenne 80 étudiants encadrés par une équipe de prêtres qui les forment selon les intuitions du fondateur. Dès 1732, des spiritains sont envoyés sur d’autres continents (Extrême Orient, Amériques). Ceux qui restent en France se mettent au service des diocèses. Certains s’engagent chez les Montfortains en raison de l’amitié qui liait Poullart des Places à saint Grignion de Montfort.

1732. Acquisition d’un terrain à Paris, où se trouve l’actuelle maison-mère des spiritains, 30 rue Lhomond (anciennement rue des Postes).


A partir de 1737 : Des jeunes gens formés au Séminaire du Saint-Esprit entrent aux Missions étrangères de Paris (MEP) pour partir en Extrême-Orient (Chine, Cambodge, Vietnam, Siam et Inde). Parmi eux 4 deviendront évêques dont François POTTIER, Vicaire apostolique de Sichuan en Chine, de 1767 à 1792.


1765. Arrivée des premiers spiritains à Saint-Pierre-et-Miquelon. Les spiritains sont restés au service de la population de l’archipel jusqu’en 2018.


1766. La communauté du Saint-Esprit prend le nom de Congrégation du Saint-Esprit.


1775. Le territoire de Guyane française est confié à la congrégation. Aujourd’hui encore, des spiritains originaires du Nigéria, du Congo, d’Haïti ou de Martinique travaillent dans le diocèse de Cayenne au service d’une population locale aux multiples origines culturelles.


1778. La congrégation reçoit la Préfecture apostolique de Saint-Louis du Sénégal.

 

1792

C’est la Révolution. Tous les ordres religieux sont supprimés. Le séminaire du Saint-Esprit est évacué et son immeuble confisqué en septembre. Les spiritains de métropole se dispersent. Ceux de Saint-Pierre-et-Miquelon se réfugient au Canada, ceux de Guyane partent aux Etats-Unis ou en Martinique. La congrégation sera rétablie en 1816 grâce aux grands efforts du P. BERTOUT (1753-1832).

1841

Le Père François LIBERMANN (1802-1852), juif converti, avec deux condisciples Frédéric LEVAVASSEUR et Eugène TISSERANT, créoles des îles Bourbon et de Saint-Domingue, et quelques autres, fondent la Société du Saint-Cœur de Marie pour porter l’Evangile aux populations d’Afrique noire et des Iles. Cette visée missionnaire s’inscrit dans le contexte de campagnes nationales pour l’abolition de l’esclavage – laquelle sera votée par l’Assemblée en 1848 – l’objectif étant de conférer une dignité aux populations encore esclaves ou récemment libérés de l’esclavage, et de leur ouvrir les voies de l’émancipation.

1841

Le Père Jacques LAVAL (1803-1864), arrive à l’Ile Maurice. Prêtre du diocèse d’Evreux, il vient à peine de rejoindre la nouvelle société missionnaire du Saint-Cœur de Marie. Jusqu’à sa mort, il se consacre à l’émancipation des esclaves récemment libérés. Aujourd’hui, sa tombe fait l’objet d’une grande vénération de la part de nombreux mauriciens de toutes origines et de toutes religions.
Le 29 avril 1979, le Père Jacques Laval est béatifié par saint Jean-Paul II qui lui confie son pontificat qui commence. Soulignons que Jean-Paul II, au cours de ses nombreux voyages, a manifesté beaucoup d’intérêt pour les cultures locales et a contribué au rapprochement entre responsables des différentes religions

1842

Le Père Libermann décide de mettre ses premiers missionnaires au service de Mgr Barron, premier vicaire apostolique des Deux-Guinées, pour la reprise de l’évangélisation du continent africain. C’est le début de l’envoi des missionnaires en Afrique (Sierra Leone, Gabon, Guinée, Nigéria, Angola, Congo, Zanzibar, Tanzanie), mais au prix de grands sacrifices : sur les 108 missionnaires envoyés les vingt premières années, 42 décèdent et 37 sont obligés de revenir dans les pays tempérés, surtout pour raisons de santé.

1846

Le Père Libermann présente à Rome son grand Mémoire sur les missions des Noirs en général et sur celle de la Guinée en particulier, premier plan d’ensemble dans l’histoire contemporaine pour l’évangélisation de l’Afrique.

15 juin 1848

Jour de Pentecôte. La fusion entre le Séminaire du Saint-Esprit qui sort difficilement des suites de la tourmente révolutionnaire et la jeune Société missionnaire du Saint-Cœur de Marie est décidée. Le P. François Libermann est élu XIe Supérieur Général de la Congrégation du Saint-Esprit sous la protection du Cœur immaculé de Marie. Son décès survient quatre ans plus tard, au soir du 2 février 1852.

1852-1882

Sous le généralat du Père Ignace SCHWINDENHAMMER (1818-1881), la congrégation s’internationalise. De nouvelles missions sont ouvertes en Afrique. Des œuvres d’éducation sont ouvertes en Irlande, Allemagne, Portugal, USA, Haïti, Trinité-et-Tobago, Martinique.
En 1880, la congrégation compte un total de 75 établissements éducatifs, dans 79 fondations à travers le monde.

1853-1878

1853 : création du Séminaire Français à Rome par le P. LANNURIEN (1823-1854) pour former des prêtres dans un esprit plus universel et moins hexagonal. Les spiritains ont assuré la direction de ce séminaire jusqu’en 2009.
1859 : création du collège de Blackrock, à Dublin et début de la présence spiritaine en Irlande.
1878 : création de l’Université de Duquesnes, à Pittsburgh, Pennsylvanie, USA.

1901

Le Conseil d’Etat dissout la congrégation. Mgr Alexandre LEROY (1854-1938), Supérieur Général de 1854 à 1926, avec l’aide de l’archiviste de la congrégation, présente le dossier qui atteste des origines juridiques de l’institut remontant à Louis XV. Le Conseil d’Etat revient sur sa décision, la congrégation est sauvée. S’amorce dès lors un regain d’intérêt pour les origines de l’institut et pour son fondateur Claude Poullart des Places, alors que Libermann était devenu la principale figure de référence.

1902-1920

1902 : 14 spiritains disparaissent dans l’irruption de la montagne Pelée en Martinique.
136 spiritains meurent sur le front. Les parties allemandes et françaises de la congrégation, dès que termine le conflit, chercheront à se réunir.
12 janvier 1920 : Mgr Hyacinthe JALABERT (1859-1920), préfet apostolique du Sénégal, et 16 autres missionnaires spiritains figurent sur la liste des 568 victimes du naufrage du paquebot « Afrique » au large des sables d’Olonne, la plus grande catastrophe maritime civile française.

1920

Joseph SHANAHAN (1871-1943), spiritain irlandais, est nommé Vicaire Apostolique du Nigéria où sont présents les spiritains depuis 1885. A son arrivée au sud de ce pays en 1902, on compte 2000 catholiques. Vers 1930, ils sont plus de 210 000.
Sa cause de béatification est introduite le 15 novembre 1997 en la cathédrale d’Onitsha au Nigéria.
Aujourd’hui les spiritains du Nigéria forment environ 12% des effectifs de la congrégation.

1923

la Congrégation du Saint-Esprit est sollicitée pour prendre la direction des Orphelins Apprentis d’Auteuil en grande difficulté financière. Le Père Daniel BROTTIER (1876-1936) est choisi pour administrer cette institution qui accueille 70 enfants. A sa mort, le 28 février 1936, l’Œuvre compte 4200 enfants répartis sur 11 établissements.
Le 25 novembre 1984. Le Père Brottier est béatifié en la Basilique Saint-Pierre de Rome par saint Jean-Paul II.

1908

La congrégation compte 1 400 membres. Entre 1900 et 1930, de nouvelles Provinces sont créées en Europe et en Amérique du Nord. De nouvelles missions sont ouvertes en Afrique, en Amérique latine, dans les Caraïbes, dans l’Océan indien…

1962

La congrégation est devenue l’une des plus importants instituts religieux avec 5000 membres. 49 évêques spiritains sont présents au Concile Vatican II. Parmi eux, Mgr Marcel LEFEBVRE (1905-1991) qui vient d’être élu Supérieur Général de la congrégation. Il fera partie de la minorité des évêques qui critique la collégialité épiscopale et déplore toutes les concessions faites par le Concile au monde moderne. En 1968, faisant le constat que la majorité de la congrégation ne le soutient pas dans son projet traditionnaliste, il se démet de ses fonctions de Supérieur Général et perd toute relation avec la congrégation. Avec le P. LÉCUYER (1912-1983) qui lui succède, l’aggiornamento de la congrégation peut enfin commencer.

1962-1974

les spiritains travaillent dans un contexte de conflits et de guerre froide internationale, parfois au prix de leur vie (martyrs de Kongolo) et toujours proche des populations en souffrance.

1974-1987

de nouvelles fondations spiritaines se développent dans l’hémisphère sud. Tout en continuant à travailler à la formation d’un clergé local, les spiritains mettent en place les structures de formation pour accueillir des vocations missionnaires locales. La congrégation prend racine en Afrique et contribue à rendre les jeunes églises plus missionnaires. Elle continue à s’implanter en Amérique latine et dans l’Océan indien.
 

1953

Le Père Lucien DEISS (1921-2007) publie son premier recueil de chants liturgiques Psaume et Cithare, suivis de bien d’autres enregistrés avec la schola du séminaire de Chevilly. Il sera un des pionniers du renouveau liturgique en France. Ses chants seront traduits et adaptés dans de multiples langues, y compris le chinois.

1956

C’est à partir du scolasticat de Chevilly, sur l’initiative de jeunes prêtres spiritains haïtiens et africains, qu’est élaboré le livre Des prêtres noirs s’interrogent (Cerf/Présence africaine) considéré comme « l’acte de naissance de la théologie africaine ».

1962-1969

1er janvier 1962 : 20 spiritains (19 belges et 1 néerlandais) sont massacrés à Kongolo, lors de la guerre de sécession du Katanga, en République démocratique du Congo. Les missionnaires avaient pris la décision de rester avec une partie de la population n’ayant nulle part où se réfugier.
1966-1967 : Début de la guerre civile du Nigéria (guerre du Biafra). 300 spiritains irlandais doivent quitter le pays et s’engagent dans de nouvelles missions. Certains d’entre réaliseront un travail remarquable avec des organisations internationales d’aide aux réfugiés, aux malades, aux blessés et aux prisonniers.
1967 : En Guinée-Conakry, le président Sékou Touré expulse les prêtres, les évêques et les religieux non-africains. Parmi eux 31 spiritains.
1969 : En Haïti, 5 spiritains, professeurs au collège Saint-Martial, sont expulsés par le Président Duvalier. Ils partageront le sort de la diaspora haïtienne en Guyane, aux USA et au Canada jusqu’à leur retour en Haïti rendu possible par la chute de la dictature en 1986. Le collège Saint-Martial est rendu aux spiritains en 1996.

le Chapitre général de 1992 se tient pour la première fois en dehors de l’Europe, à Itaïci au Brésil, et décide que de nouvelles missions spiritaines soient ouvertes en Asie, après celle du Pakistan qui existait depuis 1977 : implantation à Taïwan et aux Philippines, puis au Vietnam… mais aussi en Bolivie, à Saint-Domingue et au Sud Soudan.

2017

Le pape François nomme cardinaux deux spiritains issus de « l’Eglise des périphéries » : Mgr Dieudonné NZAPALAINGA, archevêque de Bangui en République centrafricaine, et Mgr Maurice PIAT, archevêque de Port-Louis, à l’île Maurice.

Cet article est emprunté au site de la Province spiritaine de France :

 https://www.spiritains.org/qui-sommes-nous/notre-histoire/

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